Et son Maître entra, et il fit entrer des hommes.
Certains semblaient à leur aise et souriaient, d’autres étaient intimidés par la situation.
Le Maître s’approcha de la femme, la saisit par un sein avec une certaine brusquerie, il fit quelques remarques sur son corps, sur certaines parties qu’il aimait particulièrement, sur d’autres qui étaient aptes à donner du plaisir aux hommes.
Tout en parlant, il la tenait toujours par ce sein, un peu comme il l’aurait tenu par une laisse, et il secouait et faisait lentement balancer son corps en un mouvement qui suivait le rythme de sa voix.
Et cela fit sourire certains, et en choqua d’autres, on pouvait le voir à leurs yeux agrandis.
Puis il gifla ce sein. Il la saisit ensuite par les cheveux pour empêcher son corps de tourbillonner pendant qu’il se mettait à gifler ses fesses, puis il lâcha les cheveux pour la laisser tourner d’un côté ou de l’autre au gré de ses claques qui résonnaient dans la salle.
Il demanda alors aux hommes de s’approcher et de profiter de ce corps qu’il leur offrait pour son plaisir à lui, pour le leur, pour celui de la femme aussi, affirmait-il.
Des mains s’emparèrent de son corps, de plus en plus de mains, investissant chaque centimètre carré de peau.
Et l’on pouvait dire que, littéralement, son corps ne lui appartenait plus.
Puis elle fut fouettée, surtout sur le dos et les fesses qui se couvrirent de marques rouges de plus en plus nombreuses, alors qu’elle poussait de délicieux gémissements mêlés d’un soupir, presque à chaque coup. La tête se rejetait alors en arrière pour permettre au corps de se tendre, afin qu’il aide à la diffusion de la douleur.
Cela lui donnait une pose magnifique, absolument émouvante, expression de la détresse d’un corps maltraité, expression aussi d’une sensualité animale à l’état le plus pur.
Et les mains reprirent possession de ce corps maintenant rougi, elles investirent les chairs et s’invitèrent d’elles-mêmes dans les places les plus intimes.
Puis on joua sur les poulies et on descendit un peu le mécanisme afin d’ajuster la position de la femme et les hommes se succédèrent en elle et sur elle, et son corps fut secoué, de coups de butoir, mais aussi de spasmes provenant d’une source encore plus profonde en elle, d’un endroit qu’elle ne connaissait pas jusqu’alors mais qui irradiait de lames indéfinissables, d’ondes de plaisir, puisqu’il fallait bien les appeler comme cela.
A la fin, les hommes se retirèrent un à un, seul le Maître resta avec un ami fidèle qui délia les poignets et les chevilles de la femme alors que son Maître l’avait arrimée à lui en la serrant contre son corps avec fermeté mais aussi avec une infinie tendresse.
Il lui glissait tout doucement des mots et des phrases dans ses oreilles, et il l’arrimait à son cœur aussi fermement qu’il le faisait à son corps.
Et elle se sentit flotter dans l’espace, esprit à peine accroché à son corps rassasié, serpentant comme un dragon merveilleux et translucide dans d’étranges limbes au-delà du réel, au-delà du paradis ou de l’enfer...
13 commentaires:
Superbe Hiroshige.
S'élever au dessus de tout, pour trouver le plus profond en soi.
B
C'est fort .... j'avoue etre peu adepte de ce genre de tableau , mais tu le racontes vraiment avec beaucoup de talent ! ...
Étonnamment décrit...Même si nous ne sommes pas adeptes.
B >
Oui. J'aime beaucoup ses peintures.
Une grande spiritualité s'en dégage...
Christopher >
Merci de ton passage et de ton appréciation sur ce texte quelque peu ...difficile pour un non adepte.
Saphirs et Blacksad >
merci de votre passage.
J'aime bien le blog que vous débutez. Bonne continuation.
Et qu'entendez-vous par "étonnant" ?
Y voyez-vous un côté négatif plus grand que le côté positif ?
Emouvante et délicieuse scène...J'ai du mal à choisir ma préférence entre le déroulement et le final, somptueux de tendresse et de vérité...
Volcane >
merci.
...Pourquoi choisir ?... ;-)
L'avantage de s'absenter , c'est qu'au retour on peut lire tes élucubrations sans entracte.
J'aime beaucoup le début , cette angoisse jouissive de l'inconnu, un sorte de honte des désirs latents.
Pour la suite , pas adepte de ce genre de situation, ,je n'en reste pas moins admirative de ton talent à nous la relater.Je ne vois là aucune perversion, mais plutôt un raffinement libertin complice.
Mon cher L, pour ma part j'aime le voluptueux de la tendresse finale quand le lubrique laisse place à l'amour pour tant d'obéissance.
Très plaisant ...et même jouissive ton histoire
Baisers
Mystérieuse
Inutile que je me répète, n'est ce pas? Vous savez ce que j'en pense...
Ce qui me fait me rappeler que vous m'aviez commandé un texte... une mise en scène fantasmatique qui reste étrangement dans cette thématique de la contrainte et de l'exhibition imposée.
Bon, laissez moi me concentrer un peu... ;-)
que dire la description de cette scéne est simplement divine relatée de façon judicieuse et magique bravo
FRANCOIS
C'est vrai que je ne suis pas adepte, mais j'ai néanmoins bien apprécié l'élégance et le style de ton post!
A bientot - Christopher
Mystérieuse >
merci de ton commentaire fort généreux et très fin.
En effet, si la situation ne manque pas de perversité dans son degré de "dépravation", il n'y en as pas, dans l'esprit de cet homme, ni dans celui de cette femme.
J'y vois au contraire beaucoup d'amour...
Je t'embrasse.
Miss Peel >
Oui. J'imagine dans quel émoi te plonge de telles scènes, gourmande que tu es...
Pour ma commande, tu fais bien de la rappeler, et je t'en prie, concentre-toi, concentre-toi...
Bises
xees >
Merci pour ton commentaire fort élogieux.
Au plaisir.
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