vendredi 25 février 2011

Sexe et amour oui, mais pour tous


Me voici de retour pour vous faire partager mon coup de cœur pour un documentaire.
"Sexe, amour et handicap" vu hier sur A2 et qui m’a ému, m’a saisi par son humanité, sa justesse, sa force.

De quoi s’agit-il ?
Des handicapés lourds et de leur souffrance morale due à l’absence d’expériences sensuelles et sexuelles.
Des difficultés de certains handicapés d’avoir droit à une vie sensuelle et amoureuse.
Du retard de la France par rapport à ses voisins allemands, suisses, danois, sur la reconnaissance d’un statut d’assistant sexuel.

En France, la Loi assimile ces personnes à des prostitué(e)s alors qu’elles donnent de la tendresse, des sensations intimes, de la joie.
La Loi assimile ceux qui organisent ces rencontres à des proxénètes (!) alors qu’elles le font avec le plus de désintéressement, de délicatesse et de pudeur possible

Que d’émotion face à la détresse de cette belle femme de 28 ans, dans son fauteuil roulant, qui pleurait en expliquant avoir dû se séparer de son homme, son "prince" comme elle disait les yeux agrandis d’amour.
Son intimité avec lui ne lui avait pas été reconnue car il était handicapé mental.
Les aides soignants de chacun des services (du fait de leurs différences de handicaps ils appartenaient à deux services différents d’un même hôpital) intervenaient constamment dans leur vie intime, dans leurs choix, dans l’expression de leur désir et avaient rendu impossible toute vie intime commune, alors que chacun débordait d’amour pour l’autre.
Elle concluait, désespérée, de sa voix lente et douce, "je suis à nouveau en institution, seule ; mon corps est une coquille dans lequel je suis prisonnière. Aurais-je un jour à nouveau droit à l’amour ?"

Quel immense sentiment de respect face à cette femme radieuse, esthéticienne marseillaise, qui offrait gratuitement ses services de massages intimes aux handicapés.
Il était d’ailleurs très intéressant de noter que le fait de ne plus faire payer ses services, même pas les frais de déplacement, induisait une gêne chez les bénéficiaires, qui n’osaient plus faire appel à elle, de peur de trop la déranger. La relation perdait de son équilibre, alors que cette assistante bénévole ne faisait que se plier aux exigences de la Loi.
Il faut savoir qu’il existe un projet de Loi soutenu par de courageux députés sur le statut de l’assistant sexuel, mais avec, en ce moment, bien peu de chance d’aboutir.
Plusieurs ministres se sont farouchement déclarés opposés à toute avancée dans ce domaine assimilé à de la prostitution donc à quelque chose de "malhonnête" et de "sale".
«…J’y suis rigoureusement, formellement, totalement opposé». «Vous pensez que la ministre en charge du droit des femmes va soutenir un truc pareil?», a t’on pu entendre sur les bancs de l’Assemblée.
Dommage que certains esprits restent encore aussi étroits.

Justement, le témoignage d’une prostituée, allemande je crois, m’inspira également beaucoup de respect.
Elle expliquait qu’elle voulait donner à son "métier" une dimension humaine, qu’elle voulait utiliser son savoir à des autres fins que lucratives, que ces rencontres avec les handicapés étaient les rencontres les plus belles, les plus lumineuses qu’elle pouvait faire.

Puis dans ce documentaire, des témoignages, gais, tendres, émouvants de ces rencontres d’un genre particulier, intime, entre les assistants sexuels et les handicapés. Et des images, belles, magnifiques, pudiques malgré la nudité, images de peaux, de corps parfois abîmés mais qui se découvrent avec tant de délicatesse et d’émotion.

"Avant, j'avais un grand trou noir dans la tête, maintenant j'ai un grand rayon de soleil" disait un handicapé moteur qui avait enfin, au moins une fois avant de mourir, connu la douceur des bras et les caresses d’une femme.

Merci à Jean-Michel Carré d’avoir réalisé ce film courageux à mettre entre toutes les mains adultes.

vendredi 15 octobre 2010

Souplesse


Son professeur (un homme... un peu comme moi tenez !) lui avait parlé de la danse, avec passion, de la sensualité du corps qui devait s’y révéler. Elle l’avait écouté, les yeux brillants.

Elle n’avait jamais aussi bien dansé.
Au cœur de la séance, elle reçut l’ordre d’adopter cette position, puis l'ordre de ne plus bouger.

Il s’approcha.
Il vint tester la pose.
Mettre sa main dans la cambrure de son dos,
la passer sur son ventre,
mesurer l’élasticité d’un sein,
tester ensuite la souplesse au niveau des jambes en appuyant sur une cuisse puis sur l'autre,
pour voir si tout était bien en place.
puis il passa un puis deux doigts entre ses cuisses pour presser son sexe au travers du tissu de sa tenue.
Il était important d’en tester l’humidité, expression de la sensualité demandée.

Etant très satisfait de ce qu’il constata, il écarta le tissu pour introduire deux de ses doigts dans son intimité trempée,
puis lui demandant toujours de rester immobile, il sortit son sexe tendu et la pénétra dans cette position...



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Ajoutons à cela quelques autres images de souplesse "émouvante"...




Et vous, aimeriez-vous faire preuve de souplesse ?...

mardi 12 octobre 2010

Libertinage et moralité





Une personne posait récemment la question sur un forum : « Le libertinage est-il moral ? »
Belle question.

Libertinage et moralité. Voilà un couple apparemment contre nature, non ?
(et mon petit diable à l’esprit tordu dans un coin de ma tête de me dire : « c’est peut-être pour ça que tu aimes ça, petit coquin »)

Mais ne nous égarons pas. Revenons sur le sujet du jour.


Dans un sens, on peut clairement dire que le libertinage fait fi d’un certain sens moral, celui de la « morale publique », a fortiori celui de la morale chrétienne.

Copuler joyeusement sans être mariés et sans même connaître le nom de son partenaire, prendre la femme sous les yeux de son mari… un certain nombre de soutanes partiraient en courant, et plus encore (car il est des prêtres qui ont l’esprit plus large que l’on ne croît) un certain nombre de grenouilles de bénitiers (excusez-moi l’expression), pousseraient des cris d’orfraie, et voueraient aux gémonies les misérables mécréants que nous sommes.


Et pourtant.

Le libertinage,
si d’aucun pourrait parfois craindre qu’il s’accompagne d’une certaine perversité, et des romans malicieux ont mis en scène de telles situations, où une ravissante et innocente oie blanche était à son corps défendant (mais était-il si défendant que cela ?) plongée dans la fange des plus grandes turpitudes sardanapalesques (miammm !),



force est de constater que la majorité des pratiquants que je côtoie (restons prudents et ne décrivons pas trop vite tout le milieu libertin comme étant occupé par une nuée d’anges uniquement soucieux du bien public) sont dotés d’un ensemble de valeurs et de convictions qui s’apparentent de très près à ce que l’on pourrait appeler un « sens moral » individuel.
Et que ces principes semblent leur apporter un équilibre mental qui rejaillit plutôt favorablement sur leur personnalité (me vient alors à l’esprit le comportement et le tempérament d’un ensemble de connaissances qui attestent de cette constatation).

En bref, ce sont souvent des gens bien dans leur peau.

Quels sont ces principes ?
L’ouverture vers les autres, le respect des souhaits des personnes que l’on croise (et de là le respect tout court, et notamment des femmes par les hommes), la recherche du don du plaisir, parfois un certain esthétisme (je pense à l’érotisme qui m’est cher), une acceptation de ses qualités et défauts (le libertinage conduit à lever un certain nombre de complexes, notamment physiques), une joie, une énergie (là je m’éloigne un peu du registre des principes), une certaine sérénité due à l’acceptation de son corps et de ses pulsions et désirs.

Par ailleurs, le libertinage peut s’accompagner de vrais principes moraux, humanistes, d’un humanisme équilibré, généreux mais lucide, d’un humanisme social, d’un humanisme responsable envers les hommes, nos congénères, et responsable envers la fragile planète que la petite bébête que nous sommes arpente anxieusement en tous sens…


Reconnaissons pour finir par des propos moins grandiloquents, qu’une certaine perversité, je dirais même, une certaine amoralité, ajoute parfois une petite dose épicée que j’apprécie bien dans mes relations libertines avec des amies que je connais bien.

Alors moralité ou pas ?!!?!??…




jeudi 30 septembre 2010

Une danse lascive

"L’histoire qui suit est peut-être authentique."

(Je ne peux me refuser le petit plaisir malicieux de vous glisser à l’oreille cette énigmatique allégation en guise de prélude)


. . . . . .

Elle était entrée pieds nus dans le bar.

Elle ne portait pour tout vêtement qu’un pagne aux couleurs exotiques noué autour de ses hanches, laissant admirer le galbe de sa jambe gauche jusqu’à sa taille.
Ses épaules, ses seins bien ronds aux pointes érigées ainsi que son ventre délicat étaient nus et insolemment exposés, alors qu’elle s’accoudait dos au zinc, faisait face à la salle.

Le barman essuyait ses verres avec une lenteur excessive et les rangeait devant lui dans un alignement scrupuleux.

Une musique chaloupée se fraya alors un chemin au travers des enceintes placées de chaque côté du comptoir.

Un homme s’était avancé et se tenait juste devant elle, entre ses jambes écartées.

Et elle commença à onduler doucement au rythme de la musique.
Tout son corps, épaules, ventre, hanches, jambes, participaient au mouvement et elle irradiait d’une prodigieuse sensualité, à la fois sophistiquée et barbare, envoûtante, féline.

Et l’homme l’accompagna en se saisissant de ses deux seins et en les laissant imprimer leur déplacement sans contrainte.
Lui-même fut pris par le rythme de cette mélodie lancinante et sauvage.

C’est alors qu’elle choisit de dégager le sexe tendu de son partenaire et de le prendre d’une main tandis que de l’autre elle débutait des caresses diaboliques sur ses bourses, sources de sensations fabuleuses.
A son tour, l’homme lâcha un sein pour laisser sa main se poser sur le sexe de la femme et le caresser de façon de plus en plus précise, achevant son geste en la pénétrant de deux doigts.
Elle se cambra de plaisir, comme électrisée, puis, sourire aux lèvres, reprit son déhanchement diabolique.

Et c’est ainsi que ce couple conduisit sa danse, danse parmi les plus lascives et les plus érotiques qu’ils aient jamais eues l’occasion d’entreprendre.

. . . . . .

Et vous, auriez-vous apprécié le charme de cette danse libérée de toutes contraintes ?

vendredi 24 septembre 2010

Epanoui

Elle avait désobéi, oh juste une petite désobéissance, et il l’avait mise au coin, aux trois quarts nue.

Et avec ses deux amis, il était en train de discuter de son sort.
Ils parlaient menottes, cordes, exhibition, caresses impudiques, pinces, fouet, remplissage de trous, foutre…

Et plus ils avançaient dans leurs descriptions scabreuses, leurs envies impures, leurs fantasmes dépravés, leurs supplices humiliants, plus le visage de la femme semblait s’ouvrir et s’épanouir…


jeudi 9 septembre 2010

Magie IV - L’ange, le démon, l’homme

L’ange.
L’ange était bien là.
Il remplissait l’espace de sa présence sereine et gracieuse.


Et pourtant cette pose, ordonnée, était une position d’offrande et historiquement une position d’esclave, d’esclave sexuelle.
Elle forçait à écarter les cuisses, à cambrer le dos, bomber le torse, et ainsi à exposer impudiquement le sexe, la poitrine, les reins et à les mettre à portée de mains dépravées qui pouvaient s’en saisir, s’en emparer, s’en servir.

Mais la délicatesse, la noblesse de l’attitude de l’ange l’emportait sur toute idée d’impudeur ou d’humiliation.
Oui, l’offrande était bien là, mais c’était l’offrande du corps d’un ange donné à un démon.
Et le démon était vaincu.
L’homme derrière le démon ne voyait plus que la beauté.

...


Le démon eut beau donner à l’ange l’ordre de se prosterner, face contre terre à ses pieds, l’ange s’exécuta, la Magie continua d’opérer.


Sa beauté surnaturelle ne la quittait plus.
Le démon grondait, l’homme s’émerveillait.

Et le démon, de guerre lasse, se tut et s’assit un instant aux pieds de l’homme, comme un gigantesque félin noir, placide et adouci.


vendredi 27 août 2010

Magie - III

Alpha et Omega - Edvard Munch


Acte III


Voilà. Nous étions aux portes de l’enfer !

L’enfer d’un homme qui cherchait à percer les mystères de l’âme humaine, à percer les mystères de son âme, de sa folie.
Edvard Munch.
Il nous invita à pénétrer son antre, à découvrir ses visions hallucinantes, ses rêves et ses fantômes lancinants.
Et nous le suivîmes avec hésitation et respect tout d’abord, puis un peu de sa folie nous gagna et nous nous embrassâmes éperdument devant son "baiser", adoptant par un mimétisme naturel la pose proposée par son tableau.


Aparté : ce baiser nous rappela celui que la veille nous nous donnâmes longuement et passionnément, tous deux nus, debout devant la fenêtre grande ouverte de notre chambre d’hôtel, sous les yeux un peu incrédules d’un homme à la fenêtre de l’immeuble qui nous faisait face.
Il nous regardait fixement depuis plusieurs minutes. J’en avais fait la remarque amusée à L qui me dit, un peu espiègle, ne pas pouvoir voir aussi loin alors qu’il était pourtant à moins de dix mètres.
J’avais en fin de compte tenu à le saluer d’un petit signe de la main auquel il répondit brièvement, un léger sourire aux lèvres, l’air un peu gêné, peut-être de son voyeurisme ou peut-être, pensai-je, de son excitation que nous ne pouvions pourtant constater.


Plus loin, nous nous caressâmes devant les visions de femmes ou de couples qu’il nous proposait, progressant dans sa demeure tout autant que dans sa tête.

Nous nous émûmes devant l’effroi de sa jalousie, sentiment dont nous refusons l’emprise, sentiment qui le tenailla cruellement.



Enfin, nous invoquâmes ensemble l’indicible, l’Alpha et l’Omega, le mystère de la destinée humaine, de la survie de l’espèce, de l’instinct de reproduction.
Mais ceci était exposé dans un désordre troublant, …accouplement de deux êtres, puis de trois, de quatre… le tout dans des sortes d’unions contre nature avec pourtant pour protagonistes des animaux de la création.
Nous étions dans la salle du conte de Munch "ALFA OG OMEGA".
Notre hôte nous invitait à le suivre dans des alliances étranges et insolites mais d’une poésie poignante comme le montre cette œuvre d’une tendresse effarante où Omega séduit si affectueusement un âne, après s’être donnée à un tigre, un ours, un serpent, un cochon dans sa fange, et qui sais-je encore…


Entourés des multiples évocations de ce théâtre ensorcelé, lieu d’impossibles accomplissements, baignés par la magie du lieu, nos corps, nos mains, nos bouches se trouvèrent à nouveau.

Un peu plus loin, l’artiste s’essaya, avec une maladresse touchante, à la boîte magique des Frères Lumières, et assis sur un banc, éclairés par les images tremblotantes d’un lointain passé, ce fut l’occasion à mes mains d’écarter quelques pans de tissus et d’éveiller quelques émotions par des caresses douces et intimes.

Nous ressortîmes de ce lieu, quelque peu abasourdis, surpris de fouler le pavé parisien chauffé par le soleil de midi, enrichis des mystères qui nous avaient été communiqués sans que pour autant nous soyons sûrs d’en avoir à cet instant perçu toute l’ampleur et la beauté, tant leur étrangeté nous marquait encore.

La suite de nos rencontres n’était pas achevée. Nous pouvions voguer vers de nouvelles aventures…

vendredi 30 juillet 2010

A bientôt

(Munch - the lady from the sea)


Voilà.
Les vacances sont là.
Je pars pour quelques semaines vers l'eau et le soleil.
Un certain nombre de billets sont en gestation et devront attendre.

Je vous souhaite de très belles semaines et vous donne rendez-vous à la fin du mois d’Août.

D’ici là que la fête de la vie soit grande et copieuse !…


.


vendredi 23 juillet 2010

Magie - II



Acte II

Il l’emmena non loin dans un autre jardin qui étrangement gagnait jour après jour du terrain sur les infernales machineries et inventions que l’homme moderne s’acharnait de lancer sur des rails pour tenter de raccourcir les distances.
Ce jardin donc s’étendait là où autrefois le ballast régnait, là où autrefois le cheminot chargeait la bête noire et cannibale de son charbon ardent.

Ils virent de loin un lieu étrange où les lois de la nature semblaient vouloir faire une parenthèse, où l’eau coulait du sol vers le ciel, où nul être humain ne s’aventurait.
Un lieu entouré de curieux qui au motif de se reposer sur un banc ou un coin d’herbe, scrutaient sans en avoir l’air les passants pour savoir si l’un d’eux s’aventurerait sur l’espace interdit, zébré de jets d’eau comme autant de traits devant transpercer les imprudents ou les infortunés aventuriers.
Aucun n’osait s’avancer.
Et là il lui fixa une épreuve.

Celle de braver l’interdit, de plonger dans le doux frisson de l’inconvenance, dans l’irrationnel, de se soumettre à la sanction des jets sur sa tenue délicate qui allait se tremper et devenir luisante, transparente et de ce fait terriblement sensuelle.

Sa mission fut de lui rapporter de l’eau pour rafraîchir ses mains alors qu’il restait à l’écart.
Elle dut le faire en recueillant de l’eau dans le creux de ses mains, puis comme cela ne suffisait pas, en recueillant de l’eau au moyen du tissu de sa manche droite qu’elle alla consciencieusement tremper du poignet à l’épaule, puis de sa manche gauche, puis enfin de l’ensemble de ses vêtements.
Et, de retour sur le bord, elle se laissa boire.
L’eau en effet était si abondante sur elle que l’on pouvait y déposer ses lèvres à tout endroit et aspirer l’eau fraîche qui s’y trouvait, sensation exquise.
Enfin après avoir dû se plonger le plus complètement possible dans le jet, elle revint, dégoulinante, afin qu’elle le rafraîchisse plus avant.

C’est ce qui, comprenant ce qu’il lui demandait, provoqua un si joli « je peux ??? » où ses yeux s’agrandirent et s’émerveillèrent de la façon la plus belle, la plus noble et la plus émouvante qui soit, avant de se blottir et de se fondre dans ses bras.
Etreinte délicate, fusion totale, joie, frissons de félicité.
Instant magique…




jeudi 22 juillet 2010

Magie - I

(le Magicien - Clovis Trouille - extrait)





Qu’est-ce que la magie ?

La magie est un art.
Elle produit des effets merveilleux, inaccessibles au commun des mortels.

La magie fait appel à des forces occultes, surnaturelles.

La magie baigne l’espace en des circonstances exceptionnelles.

La magie pour s’inviter doit être invoquée.
Des formules cabalistiques, des incantations sont prononcées, des signes sont gravés.

...


Il y a quelques jours déjà. Le temps ouvrit une séquence où la magie s’invita.

Il me fallut pour cela invoquer l’Alpha et l’Omega, le commencement du monde, la fin des temps, les divinités bienfaisantes et les démons barbares, chercher pendant des semaines des serviteurs dévoués dans les entrailles des mondes les plus obscurs du SM.

Enfin, tout fut en place.



Premier acte

Un coin du jardin d’Eden fut arraché au Paradis.
Imaginez un écrin de verdure en plein Paris, protégé de toute vue impie, au cœur de vieilles pierres, dominé par une végétation touffue, éclairé d’un rayon descendant du ciel.
Au cœur de cet espace féerique, assis sur un petit banc de bois, un ange.
Ou plutôt une ange. Car cet ange a un sexe et il est ô combien féminin.
Et l’ange attend.
Elle attend son persécuteur, son démon à qui elle sera livrée.

Et le démon arrive, mi-homme mi-loup.
Homme à l’extérieur, loup à l’intérieur.
L’homme est subjugué. Le loup est affamé.
L’homme retient le loup. Il retient le temps. Son cœur s’emplit de joie, son cœur s’emplit de cette vision idyllique. Il est immobile, il contemple l’ange.
Et le loup fait avancer l’homme, pas à pas, dans une démarche à la fois souple et difficile, car l’homme sait ce que le loup veut faire.
Et l’homme et le loup, en même temps, prennent l’ange dans leurs bras.



Que dire du baiser qui s’en suivit ?
Que l’homme y apporta toute son émotion, toute sa joie, toute sa fougue, toute sa tendresse.
Et que le loup en profita pour s’emparer avidement du corps offert, dénuda la poitrine et le dos, et planta ses griffes dans sa chair tendre pour l'entamer cruellement et faire gémir l’ange qui reconnaissant vraiment son acolyte, le nomma par ces mots haletants qu’elle lui souffla à l’oreille "...tu es un démon...".

lundi 21 juin 2010

Découverte

En cet après-midi de froidure printanière, elle était sobrement assise sur un banc on ne peut plus public, dans un jardin bien connu, bien sillonné, bien parcouru d’habitués emmitouflés et de touristes tombés sous le charme de ces lieux.
Touristes américains, touristes japonais, touristes italiens...

Elle avait ajouté une veste sombre sur son élégante tenue, escarpins à talons hauts, bas noirs, jupe plutôt courte mais encore sage, chemisier bien échancré.
Et les têtes se tournaient vers elle, et des yeux s’allumaient, et des sourires se nichaient dans les coins.
Les américains faisaient des yeux ronds, les japonais qui ne pouvaient se permettre ce luxe souriaient intérieurement, les italiens tout en continuant à marcher s’animaient et laissaient leurs mains vagabonder plus prestement le long des corps de leur partenaire…
Dans ce jardin, autour de ce banc, beaucoup d'inspiration, de connivence implicite et imperceptible, mais néanmoins concrète.
Chacun de ces couples de promeneurs repartait avec un beau souvenir en tête…

Pourquoi tant d’agitation ?
La belle, sagement assise à mes côtés, m’avait laissé couvrir ses yeux d’un bandeau de couleur noire, et nos mains étaient parties à la découverte l’un de l’autre…


jeudi 3 juin 2010

A Dionysos !

Le monde est tragique disait Nietzsche, il ne doit pas pour autant nous condamner à la mélancolie éternelle.
Se prévalant de Dionysos, il veut faire du monde le théâtre ininterrompu d’un jour de fête et l’écrit dans son recueil lyrique, espiègle et parfois coquin, le Gai Savoir.

"…Si l’on me laissait choisir librement
Je choisirais volontiers une petite place,
Pour moi, au milieu du paradis :
Et plus volontiers encore - devant sa porte !… "

"…Nos vertus, elles aussi, doivent s’élever d’un pied léger :
Pareilles aux vers d’Homère, il faut qu’elles viennent …et partent…
"

Toute métaphysique utilisant des concepts supérieurs à l’homme, Dieu ou autres, cherchent d’une part à abaisser l’Homme, à nier sa véritable nature qui est "d’être" pleinement ce qu’il est, et cherchent d’autre part à l’élever indûment, alors que sa vraie place est d’être un élément parmi d’autres au sein du vaste univers.
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. . .


Ne pas prendre l’homme pour plus qu’il n’est.
Accepter la tragédie humaine, les tragédies du monde, en apprivoiser les effets, parfois les conséquences.
Apprendre à être, avec plénitude.
En appeler à Dionysos et poétiser sa vie, la plonger dans le présent, dans la joie, dans la sensualité, dans la générosité.

Un programme qui me plaît. Et à vous ?…


mardi 18 mai 2010

Début de soirée

C’était une de ces nuits moites et électriques.
Il s’était assis à une table, près de la porte d’entrée.

Puis elle était entrée dans le bar d’une démarche qui avait fait se retourner toutes les têtes.
Short ultra moulant, jambes interminables s’engouffrant crûment dans une paire de santiags, fesses se balançant au bout du regard captif des hommes.
La lumière pourpre faisait luire des gouttes de sueur sur son dos que couvrait mal un tee-shirt débardeur bien trop large.
Elle s’était approchée du comptoir et s’était quasiment collée à l’homme qui, debout, sirotait un verre.
Elle lui dit d’une voix qui ne souffrait aucune discussion tant sa sensualité était impérieuse, « Par cette chaleur, tu m’offres une bière, l’ami ? »

Il fit un signe de tête au barman qui lui servit une grande chope débordant de mousse.
Elle s’en empara. Frotta la chope fraîche sur ses joues laissant de la mousse s’écouler sur son menton puis dans son cou.
Elle but goulûment une longue gorgée, laissant de la bière s’échapper de la commissure de ses lèvres et couler dans son cou et entre ses seins.
« Cela fait du bien mais il fait encore chaud, l’ami. Tu ne crois pas ? »
Et rejetant animalement sa tête en arrière, elle renversa tout le restant de sa chope sur sa poitrine ferme et opulente, collant comme une deuxième peau son débardeur sur ses seins et son ventre, trempant aussi le devant de son short.
Elle s’amusa à regarder couler les traînées de bière sur l’intérieur de ses cuisses et jusque dans ses bottes.
« Mmmmm voilà qui va mieux… »

Elle prit la main de l’homme et la plaqua sur son sein, alors que sa propre main s’emparait de son entrejambe et massait ouvertement ses bourses et son sexe maintenant bien à l’étroit dans son pantalon.
Elle déplaça la main de l’homme pour qu’il agrippe le tissu de son tee-shirt entre ses seins et lui dit « enlève-moi ça, ça me gêne. »
Il tira dessus pendant que la femme se penchait violemment vers l’arrière ; et le vêtement se déchira de part en part dans un grand et long crissement liquide, libérant définitivement sa poitrine luisante.

Elle s’agenouilla dans la flaque de poussière et de bière qui était à ses pieds et dégrafa le pantalon qui était devant son nez.
« Voyons cela » dit-elle l’air gourmand.
Elle en sortit un sexe déjà de belle taille, le saisit à pleine main et l’enfouit dans sa bouche vorace.
Elle le lécha et le pompa avec vigueur, l’engloutissant au plus profond de sa gorge, enfouissant son visage dans le bas-ventre de son partenaire, qu’elle pressait sur elle en ayant vigoureusement empoigné ses fesses.
Au bout d’un moment l’homme saisit sa chevelure pour essayer d’imprimer son rythme à cette furie qui lui procurait des frissons incroyables. Il commença à gémir et allait venir quand elle se détacha de lui, ôta rapidement son short et dégagea rageusement la table la plus proche pour aplatir sa poitrine sur sa surface dégoulinante, présentant une croupe prodigieuse à l’homme qu’elle suçait depuis plusieurs minutes.
« Lâche-toi l’ami, mon cul en feu n’attend plus que ta bite. Tu as un incendie à éteindre de ta lance ! »
A ces mots crus, l’homme se jeta sur elle et la pénétra d’un coup formidable.
Elle poussa un grand ahanement puis l’encouragea des fesses et de la voix par des paroles de plus en plus ordurières.
Au bout de quelques minutes, l’homme n’y tint plus, se dégagea et l’arrosa de longs jets de sperme sur ses fesses, son dos et même ses cheveux.
Harassé, il tituba et faillit tomber s’il ne s’était pas rattrapé au comptoir.
Elle se redressa, remit son short, laissa les restes de son tee-shirt à terre, s’approcha de l’homme, l’embrassa à pleine bouche en lui disant « merci mon vieux, t’as assuré ».
Et s’éloigna lentement du bar vers la sortie, pour aller s’asseoir par terre, près de l’entrée, aux pieds de l’Homme qui était assis à une table et qui, levant lentement le bras, commanda d’une voix grave et tranquille « Deux whiskies… Du single malt s’il vous plaît. »
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Et pour illustrer ce texte, quelques photos de Coyote Girls. Vous savez, ces filles que l'on rencontre dans certains bars et qui n'ont pas froid... aux yeux !
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Mesdames, vous verriez-vous vous laisser prendre dans un tel tourbillon d'exquise débauche ?...
Messieurs, seriez-vous prêts à y sacrifier votre cravate ?

jeudi 6 mai 2010

Le toucher

Les deux images que je vous propose vont mettre en regard les envies des hommes avec celles des femmes.
Vaste débat !
Voici deux situations quelque peu "symétriques" qui concernent le toucher...

Laquelle préférez-vous ?



Arrêtons-nous par exemple un instant sur la première image.

Il est derrière elle. Il vient de lui bander les yeux.
Elle est immobile, interdite, frémissante, tous ses sens aux aguets.
Il aime prolonger cet instant où tout est possible, où elle s’en remet à lui, il aime imaginer le désordre fracassant de ses pensées impures. Il goûte au sentiment de puissance que cela lui procure.

Puis tel le Turc automate que présenta Johann Wolfgang von Kempelen à l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, imbattable joueur d’échec mécanique, ses doigts, sa main, son bras puis tout son être se mirent imperceptiblement en mouvement, dans le silence le plus absolu.

Sa main passa au-dessus de son épaule et pinça délicatement le tissu du vêtement qui recouvrait le sein de la belle.
Il dévoila avec une lenteur infinie le spectacle interdit de la peau soyeuse du globe, siège incontesté de la plus pure indécence.
Son geste achevé, il inspira pour emplir ses poumons et son âme de la magie de l’instant et laissa sa main s’en aller d’elle-même couvrir et pénétrer la douceur tentatrice de la peau offerte.
Un frisson s’empara de lui, qui se propagea de sa main à son bras, de son bras à son échine, pour irradier et dans son cerveau et dans son sexe et déverser son suc formidable de sensualité et d’allégresse.


Voici la seconde.



Pensez-vous d'ailleurs qu'il y ait symétrie, équivalence de plaisirs dans les deux situations, pour le protagoniste qui tend sa main, comme pour celui qui est caressé ?

Et sauriez-vous évoquer le plaisir, s’il y a, que vous éprouveriez, mesdames, à prodiguer la seconde caresse ?

mardi 4 mai 2010

Du coin de l’oeil

Il est des situations que j'aime surprendre, au détour d'une rue, dans un lieu public, un café. Celle-ci me plaît beaucoup.

Ils sont devant la vitrine d’un marchand de tableaux.
Elle est absorbée par son discours, sans doute une critique fort documentée et très pertinente de la toile qui lui fait face. Son visage est animé, ses yeux sont vifs, son front dénué de rides, tout son intellect est en action.

Lui est penché en avant comme si toute son attention était confiée à cette femme.
Mais son regard, ah ! ce regard, magnifiquement en coin, somptueusement concupiscent, irrésistiblement attiré par cette autre toile, sans doute moins artistique mais ô combien plus émouvante.
En ce qui le concerne, je ne suis pas absolument sûr que ce soit son intellect qui soit en action…




Soyons un bref instant honnête.
Combien de fois n'avons-nous pas, nous les hommes, eu le regard irrésistiblement attiré par ce que j'appellerai une "vision érectile", bien qu'accompagné d'une femme, même la plus belle qui soit ?

Alors je prends le risque de recevoir une volée de bois vert et je pose la question :
"Nous en veuillez-vous tant que cela, Mesdames ?…"

vendredi 23 avril 2010

Sous le signe d'Orphée et d'Eurydice

Prologue

Dédicace à L :

.............Tu es l’enivrante beauté de la femme

................Exposée à l’exquise indécence

...................De sa provocante liberté.



Conte mythologique

Orphée était le plus fameux musicien et poète que l’Antiquité ait jamais connu et savait mieux que quiconque charmer son auditoire de sa lyre.
Eurydice tomba follement amoureuse de lui. Il partagea cet amour et se maria avec elle.

Mais elle repoussa les avances d’un dieu champêtre et fut mordue à la jambe par un serpent venimeux. Sa mort rendit Orphée inconsolable.
Il résolut d’aller demander à Hadès de lui rendre sa bien-aimée.

Charmant le Passeur par sa musique, puis le chien Cerbère et les trois juges des morts, il se présenta devant le terrible dieu et l’adoucit par son art ainsi que sa femme Perséphone.
Il obtint de lui de ramener son aimée à la lumière à la condition de ne pas se retourner avant d’être sorti des enfers.

Et c’est à quelques pas de la sortie qu’il transgressa l’interdit et se retourna.
Eurydice lui fut immédiatement enlevée et dut définitivement retourner au royaume des morts.



Aux temps modernes

Ce fut une journée d’avril pas comme les autres.
Une journée que Jean Cocteau n’aurait peut-être pas désapprouvée.
Une journée aux couleurs de l’œuvre cinématographique d’Orphée.

Les ingrédients sont là.
La veille, une descente aux enfers, excitante, bouleversante.
Avec une femme qui y fut enchaînée, souillée, fouillée, frappée, fouettée, attachée bras en croix, vêtements en lambeaux.
Et le jour, une remontée du Royaume d’Hadès vers la lumière, en croisant la statue d’Eurydice, en train de subir son sort funeste.
(nous sommes à Paris, galerie de Colbert, une statue d’Eurydice orne la principale place de la galerie, sous une élégante verrière du XIXème siècle)






Au pied même de cette statue, notre couple se dévore d’un baiser indécent, un sein se découvre, une jupe est relevée, l’intimité est accessible, et accédée, sans rémission, sous l’œil placide de grands gardiens noirs, sous l’œil interdit et brillant de quelques visiteurs de passage.

Mais nous n’étions pas encore à la lumière, sans doute toujours un peu chez le souverain des enfers, puisque à peine quelques pas faits sous un ciel qui se voulait clément, nous voilà aspirés dans un nouvel antre crépusculaire - le site rue Vivienne de la BnF - où se donne à nouveau une œuvre cinématographique et photographique d’un esthétisme magnifiquement sulfureux.

Un Paris de noir et de blanc, de pierre et de chair, sous l’œil érotique, surréaliste et poétique de Bettina Rheims et de son exposition « Rose, c’est Paris », nous avait pris dans ses rets.




Nous entrons dans une pénombre peuplée de témoins, spectateurs debout ou assis à même le sol, d’un film magnifique et énigmatique.
Je choisis de nous placer face à l’entrée au bout d’un long couloir par où pénètrent les visiteurs.Une main se plaque sur son sein, une autre vient par derrière entre ses fesses et s’empare de ce qu’elle y trouve.
Certains visiteurs qui nous voient de loin sont troublés – attirés ? – par ce couple à la pose ambiguë qui regarde un film très beau où des femmes sont dénudées, attachées, accouplées.
Je souris à cette idée. Mes caresses se font plus explicites.




Images du film

Ndlr : ne trouvez-vous pas que l’héroïne a des airs de Miss Peel (la teinte de la chevelure en moins)


Nous nous déplaçons pour nous arrêter dans les couloirs de l’exposition devant une grande photo représentant trois femmes, deux portant des tenues fétichistes dénudant leur poitrine et leur sexe, la troisième dans une robe innocente et printanière. Mais cette dernière est attachée par les deux autres par un entrelacs de cordes qui prend ses hanches, enserre ses seins et son cou et lui entrave la bouche.
Cette image nous émeut et nous y faisons une halte, peut-être plus indécente encore que précédemment, frôlés par les visiteurs, dont l’œil parfois s’allume.


Couloirs de l'exposition


La journée se termine dans un théâtre devant des femmes qui se dénudent devant nous et viennent nous frôler et nous caresser, dévoilant notamment la poitrine découverte et l’intimité libre de tout tissu de notre Eurydice.

Mais c’est alors que défiant les dieux, nous voulons forcer le destin et nous quittons les lieux pour pénétrer de suite dans un cinéma et nous placer une fois de plus sous le signe du 7ème art.

Le film portait un nom en forme de promesse « la révélation ».
Nous nous plaçons en fond de salle et comme Orphée avant la sortie des enfers, donc bien avant la fin du film, - nous n’attendîmes que la fin des publicités pour nous jeter l’un sur l’autre et nous dénuder à peu près complètement - je dévore des yeux - et de ma bouche - mon Eurydice.
Intense moment d’érotisme dans la salle (…sur l’écran, nous n’avons jamais su).

Nous nous apercevons au bout d’un certain temps que sommes épiés par le projectionniste, sans doute un messager des dieux venu nous espionner ?
Mais la jouissance de la belle est tellement forte et émouvante qu’elle semble l'attendrir.


Epilogue

Ainsi, le sort et les dieux nous sont cléments puisque nous sortons, un peu abasourdis, un sourire éclatant et béat à nos lèvres qui peinent à se séparer, mais surtout sains et saufs de cette aventure de débauches et de tendresses mêlées.

De retour dans le monde des hommes, je tentai de résumer cet épisode assourdissant de sensations enivrantes par une image que je peux maintenant vous livrer…


vendredi 2 avril 2010

Ecartelée (2/2)


Et son Maître entra, et il fit entrer des hommes.
Certains semblaient à leur aise et souriaient, d’autres étaient intimidés par la situation.
Le Maître s’approcha de la femme, la saisit par un sein avec une certaine brusquerie, il fit quelques remarques sur son corps, sur certaines parties qu’il aimait particulièrement, sur d’autres qui étaient aptes à donner du plaisir aux hommes.
Tout en parlant, il la tenait toujours par ce sein, un peu comme il l’aurait tenu par une laisse, et il secouait et faisait lentement balancer son corps en un mouvement qui suivait le rythme de sa voix.
Et cela fit sourire certains, et en choqua d’autres, on pouvait le voir à leurs yeux agrandis.
Puis il gifla ce sein. Il la saisit ensuite par les cheveux pour empêcher son corps de tourbillonner pendant qu’il se mettait à gifler ses fesses, puis il lâcha les cheveux pour la laisser tourner d’un côté ou de l’autre au gré de ses claques qui résonnaient dans la salle.

Il demanda alors aux hommes de s’approcher et de profiter de ce corps qu’il leur offrait pour son plaisir à lui, pour le leur, pour celui de la femme aussi, affirmait-il.
Des mains s’emparèrent de son corps, de plus en plus de mains, investissant chaque centimètre carré de peau.
Et l’on pouvait dire que, littéralement, son corps ne lui appartenait plus.

Puis elle fut fouettée, surtout sur le dos et les fesses qui se couvrirent de marques rouges de plus en plus nombreuses, alors qu’elle poussait de délicieux gémissements mêlés d’un soupir, presque à chaque coup. La tête se rejetait alors en arrière pour permettre au corps de se tendre, afin qu’il aide à la diffusion de la douleur.
Cela lui donnait une pose magnifique, absolument émouvante, expression de la détresse d’un corps maltraité, expression aussi d’une sensualité animale à l’état le plus pur.

Et les mains reprirent possession de ce corps maintenant rougi, elles investirent les chairs et s’invitèrent d’elles-mêmes dans les places les plus intimes.

Puis on joua sur les poulies et on descendit un peu le mécanisme afin d’ajuster la position de la femme et les hommes se succédèrent en elle et sur elle, et son corps fut secoué, de coups de butoir, mais aussi de spasmes provenant d’une source encore plus profonde en elle, d’un endroit qu’elle ne connaissait pas jusqu’alors mais qui irradiait de lames indéfinissables, d’ondes de plaisir, puisqu’il fallait bien les appeler comme cela.

A la fin, les hommes se retirèrent un à un, seul le Maître resta avec un ami fidèle qui délia les poignets et les chevilles de la femme alors que son Maître l’avait arrimée à lui en la serrant contre son corps avec fermeté mais aussi avec une infinie tendresse.
Il lui glissait tout doucement des mots et des phrases dans ses oreilles, et il l’arrimait à son cœur aussi fermement qu’il le faisait à son corps.

Et elle se sentit flotter dans l’espace, esprit à peine accroché à son corps rassasié, serpentant comme un dragon merveilleux et translucide dans d’étranges limbes au-delà du réel, au-delà du paradis ou de l’enfer...



mardi 30 mars 2010

Ecartelée (1/2)


Depuis combien de temps l’avait-il mise dans cette position ? Pouvait-elle être plus à sa merci qu’ainsi, attachée, les yeux bandés, nue, écartelée ? Pourquoi ne revenait-il pas ? Et quelle avait été cette allusion à des inconnus qui aimaient se repaître de femmes dépravées ?
Mais quelle était donc cette chaleur qui envahissait son ventre ? Sentait-elle vraiment des gouttes lentement couler le long de ses cuisses ?
Etait-elle vraiment, avec lui, à cause de lui, ou à cause d’elle-même ?, à ce stade de débauche ?

Voulait-elle vraiment que des inconnus, des hommes au sexe dressé, entrent dans cette pièce et la voient ainsi, totalement indécente, à leur merci, mais aussi qu’ils la voient pantelante, le sexe trempé ?

Voulait-elle vraiment que ces images qui tournaient dans sa tête, de plus en plus vite, de plus en plus fort, images brouillonnes de mains sur son corps, de cheveux tirés, de doigts dans sa bouche, de gifles sur son corps, sur son visage, de fouet sur son dos, ses fesses, son ventre, ses seins, de pénétrations multiples, d’orifices investis, de corps secoué par l’assaut de membres turgescents, deviennent réalité ?


mardi 23 mars 2010

Près du bureau

Récit inspiré par un dessin de Sandokan (ses excellents dessins se trouvent sur sandokan.canalblog.com) :

Il lui avait donné rendez-vous devant l’entrée de son bureau, dix minutes avant sa sortie habituelle.

Cela l’avait rendue nerveuse.
Non pas les dix minutes d’avance, mais le fait qu’il vienne la chercher au bureau.
La suite n’allait pas lui donner tort.

Il la rejoignit et l’embrassa dans le cou pour ensuite la prendre par le bras et déambuler lentement avec elle sur le trottoir en restant en silence.
Cela ne lui ressemblait pas.
Il mijotait quelque chose.
Elle n’osait rien dire, appréciant chaque pas qui l’éloignait de ses collègues de travail.

Malheureusement, il s’arrêta au premier coin de rue et dit :
« - Voilà, je pense que nous sommes assez loin.
As-tu besoin de faire pipi ? »
« - Heu… Non Maître. »
« - Très bien, accroupie-toi, écarte ta culotte et ne bouge plus, lorsque tu auras envie, soulage-toi directement sur le trottoir. Nous avons tout notre temps, n’est-ce pas ? »


mercredi 10 mars 2010

La douceur des marques

.
Vulnérable fragilité,

Innocence cueillie,

Candeur pervertie,

Formidable liberté.



Exquise douceur des formes alanguies,
.
Froissement des draps, chevelure emmêlée,
.
Irrésistible ivresse de la féminine nudité, rite accompli,
.
Délectable apparence des marques incrustées.
.

mercredi 3 mars 2010

La correction [la soirée - 3/3]


Une correction devait être opérée, correction il y eut.

Il faut vous imaginer le tableau.
Les jolies cuisses de mon aventureuse compagne, L, tenaient lieu de reposoir sur lequel Miss Peel dut placer ses mains délicates.
L. reçut l’autorisation de se saisir des poignets de Miss Peel, dans notre esprit plus pour établir un contact sensitif, actif et subtil - la pression des mains sur des poignets permettant de faire passer beaucoup d’émotions - que dans l’objectif d’immobiliser ces derniers.
Miss Peel se tenait sur ses jambes, penchée en avant, jupe relevée, jambes écartées, croupe dégagée, saillante, accessible, superbe.

L. était assise sur une table, à même ses fesses, sa jupe ayant été également copieusement relevée, jambes pendantes, dos droit et fier, yeux bandés ainsi que ceux de Miss Peel.
Le chemisier de L fut lentement et soigneusement déboutonné à l’exception en bas du dernier bouton, les pans fluides du vêtement furent écartés pour reposer en équilibre précaire sur le bout des épaules, de telle sorte que tout le buste apparaisse, dénudé, indécent, offert, terriblement excitant, en pleine lumière.

Et le tableau était sublime.
Tout y était.
La promesse d’une cinglante correction, l’abandon de deux femmes entre nos mains, la fragilité de leur corps, la magnifique indécence de leurs poses, l’extrême accessibilité de leurs appâts, la beauté de leur plastique, la tension qui petit à petit montait, l’excitation qui l’accompagnait, nos esprits échauffés qui allaient pouvoir librement échafauder quelque scénario sauvage et sadique, l’extrême attention de chaque protagoniste, l’épaisseur et le silence de la nuit, l'étrange et saisissante esthétique de l’ensemble.

Le procédé que nous imaginâmes avait ce qu’il faut de machiavélique pour nous conforter et ce qu’il faut d’imprévisible pour nous tenir en haleine.

Nous allions demander, à tour de rôle, à l’une de conduire le supplice de l’autre !
La première allait être la tortionnaire de la seconde en même temps que son réconfort et son soutien moral.

L, puisque c’est Miss Peel qui devait être punie en premier, allait déterminer et le moyen, et le nombre, et l’intensité des supplices de sa compagne d’infortune.
L dut d’abord choisir l’instrument des sévices parmi une panoplie d’objets.
Elle dut ensuite déterminer le nombre de coups à asséner.
Elle dut enfin après chaque coup, indiquer l’augmentation ou la diminution d’intensité du coup suivant.
Elle pouvait également interroger sa compagne sur son état, et lui demander si elle pouvait supporter plus.
Nous serions pour cette occasion, Steed et moi-même, les instruments, les façonniers, les exécutants fidèles et implacables des terribles instructions de ces dames.

Quel sort funeste ! Quelle perversité ! Quelle jubilation !

Nous savions que c’était la première fois que L assistait à une punition, que c’était la première fois qu’elle aurait à en subir une et que nos deux amies avaient les yeux bandés depuis le début de la séance.
Le nombre de leurs repères s’en trouvaient donc amoindri.
Quelle forme avait les instruments chargés de les tourmenter ? A partir de quand faisaient-ils mal ? Lequel était le plus féroce ? Miss Peel était-elle d’une constitution fragile ? Quelle était son expérience ? Quelle était sa capacité à supporter la douleur ? Comment constater la force d’un coup ? Son effet ?

Nous nous étions dits qu’il ne pouvait exister de meilleur apprentissage qu’en étant l’actrice, l’instigatrice même du supplice de sa compagne avant dans un second temps, d’en être sa victime.
Les yeux bandés se chargeraient de porter à leur paroxysme l’acuité des sens et l’intensité de la concentration.

Tout était en place, le piège s’était refermé, le rideau pouvait se lever.


Que dire de la suite ?

Que L fut au début très douce et très protectrice vis à vis de sa compagne.
Que nous dûmes un peu l’aider en lui soufflant d’augmenter le nombre de coups.
Que Miss Peel dut avouer, après qu’un coup particulièrement sonore ait assez légitimement alarmé sa consœur, qu’elle pouvait supporter bien plus que cela (ce qui provoqua à cette révélation un très charmant et très émouvant petit affaissement des épaules de L, épaules qui je vous le rappelle étaient en grande partie joliment dénudées, et un ravissant sourire à Miss Peel).
Que L eut l’air raisonnablement effrayée par l’ensemble des coups dont elle était responsable, mais qu’elle fit preuve tout du long d’un calme absolument impressionnant.
Que son visage prit exactement l’expression ravissante de compassion et d’effroi que nous attendions, à la vue que nous lui permîmes d’avoir un instant des marques de la dernière série de coups que la cravache de Steed imprima sur les fesses de Miss Peel.
Que Miss Peel avait une belle capacité à recevoir les dits coups et à garder un esprit remarquablement lucide.

Que Miss Peel, au retournement de situation, fut tout aussi douce et protectrice que ne le fut L (ce que je trouvai charmant).
Que Miss Peel sut subtilement doser l’augmentation ou la diminution de l’intensité des coups afin de permettre à L de connaître toute une panoplie de sensations.
Que L nous impressionna grandement par son calme, son silence et son immobilité alors même que certains coups devaient résonner au tréfonds de sa chair.
Que l’exercice avançant, une complicité charmante s’établit entre nos deux amies.
Que le tout fut à la fois très émouvant et très gai.

Que se mêlèrent sans distinction les divines surprises, les délicates expressions espérées, les flashes de douleurs, les caresses les plus douces, les paroles inquiétantes, les mots les plus tendres, les commentaires éhontés, les sourires de connivence, les rires, les paroles de bravache, les inquiétudes ourlées, les instants de courage, les soupirs de satisfaction, les paroles de réconfort, les sourires de soulagement.

Comment cela finit-il ?
Autour d’un verre bien entendu, de champagne pour fêter l’évènement, et de quelques gâteries (mais non je vous vois venir), sous forme de petits gâteaux et de chocolats, afin de se restaurer après une séance de travail d’une telle intensité …au service de Sa Majesté.

La suite fut une autre histoire, plus douce où il fut pêle-mêle question de froid craquant, de bains chauds bouillonnants, de brouillard de vapeur impénétrable (rappelant par certains côté le très britannique Fog londonien), de douches torrides (et pas seulement à cause de la température de l’eau), de températures tropicales, de gestes tendres, de marche au souffle romantique… … …

mardi 2 mars 2010

Derrière la porte [la soirée - 2/3]

Et bien oui, cette porte 213 s’ouvrit.
Et quelle ne fut pas notre surprise de voir la célèbre aventurière, Emma Peel en personne, dans les plus grandes difficultés ?




Mais Demoiz’ailes n’est-il pas l’antécédent étymologique de Dam’s’el, mot agréablement repris dans l’expression Damsel in Distress, bien connue de tous les lecteurs de romans de série B (ou Z ?) à destination des sujets de sa Très Royale et Très Gracieuse Majesté ?



Jugez plutôt.
La belle était certes, comme à chaque épisode, dans une tenue attrayante (ici, corset de soie rouge, courte jupe en cuir, longues jambes gainées de bas sombres, chaussures vernies à talons hauts), mais un de ses adversaires que je cherchai en vain dans la pièce lui avait couvert les yeux d’un foulard noir et l’avait menottée, poignets dans le dos !
Heureusement son compagnon Steed était là ce qui concourut à me détendre sans délai, mais ce qui curieusement ne fut pas le cas de ma compagne.
Mais, oui ! Où avais-je la tête ?
Ma compagne avait, elle aussi, les yeux bandés et ne pouvait donc être, comme que je le fus, rassurée par la très honorable et réconfortante présence du célèbre agent des services britanniques.

Allez savoir pourquoi, l’envie ne nous prit pas de détacher immédiatement nos compagnes.
Il était pourtant grand temps pour elles de faire plus ample connaissance.
Elles ne pouvaient voir, soit. Mais nous n’étions pas pour autant sans ressources pour les aider.

Je m’employai à décrire par le menu à ma compagne toutes les particularités vestimentaires et anatomiques de Miss Peel, caractéristiques précises que je me fis un devoir de vérifier de mes mains et mes doigts inquisiteurs.
Je laissai à Steed le soin de faire la pareille avec ma compagne.


…respirations un peu rapides, courbes admirables, peaux excitées, tressautements délicieux, superbe apparente impassibilité de nos compagnes… Nous notons cependant quelques esquisses de sourires, vite soulignées par nos paroles malicieuses, vite rangées derrière un presque plausible masque de circonstance…


Il nous apparut rapidement que la similitude était troublante, escarpins à talons, jambes gainées de bas sombres, jupes en cuir, sexes découverts à la peau très douce, et presque entièrement épilés, pointes de seins érigées…
Nous soupçonnâmes quelques accointances, mais laissâmes le doute planer au vu de mineures différences vestimentaires.

Pour parfaire cette connaissance mutuelle, nous demandâmes à nos amies de s’approcher l’une de l’autre et d’effectuer elles-mêmes de leurs doigts libérés (les bandeaux ayant été maintenus) le parcours que nous venions de faire sur leurs corps.

Et les gestes qui s’en suivirent nous récompensèrent de nos rustiques stratagèmes …

Ce ne fut que feu d’artifice de grâce et de délicatesse, d’exquises hésitations, de révélations délicieuses, ce ne fut que douces arabesques et frissonnements exquis, attouchements sensuels et sourires naissants, chuchotements attentionnés et rires soyeux…
et l’instant était magique, et il était incroyablement fragile et gai…
Nous en étions les spectateurs admiratifs et comblés.

Steed, homme d’expérience, nous révéla alors qu’il devait, pour les besoins du service, opérer une fine mise au point de leur protocole de communication,
et pour cela montrer à sa partenaire Emma comment corriger un petit travers qu’il lui arrivait d’avoir, à savoir omettre quelques aspects de la vérité dans les comptes-rendus qu’elle ne manquait pas de faire en debriefing des périlleuses missions qui leur étaient dévolues.

Nous nous proposâmes de l’aider dans cette entreprise, ce qu’il accepta très obligeamment…

vendredi 26 février 2010

Attente [la soirée - 1/3]


Elle se tenait droite, immobile comme pétrifiée, au milieu de ce couloir d’hôtel, en attente d’instructions.

Elle était magnifique.
Escarpins à talons hauts, bas noirs sur ses jambes fines, courte jupe en cuir, aucun dessous, chemisier remarquablement transparent laissant découvrir ses jolis seins et leurs pointes dressées, mains attachées dans le dos d’un ruban de soie noire, bandeau sur les yeux.
Vision insolite et sublimement indécente.

Et je tardais à parler.
Pour faire durer cet instant, pour laisser monter la tension, pour donner une chance supplémentaire aux probabilités de faire ouvrir une des portes de ce couloir à un couple devant se rendre à quelque soirée parisienne ?
Oui.
Mais non.
En fait, j’étais subjugué.

Cet instant était magique et je ne pouvais que le laisser s’étirer.
Je m'en sentais le devoir.

Une seconde ? Deux ? Dix ? Trente ? Plus ?
Impossible de le dire.
Le temps ne comptait plus. Le sablier était bloqué. Les grains suspendus dans l’espace refusaient de tomber, et moi, comme si j’étais le seul être mobile de cette planète, je tournais silencieusement autour de ma captive, je me délectais du spectacle, je l’imprimais goulûment dans ma rétine.
A la fin (car il y eût une fin), je donnai trois coups à la porte 213.

Nous allions entrer…

lundi 22 février 2010

Le meuble

Elle se tenait debout derrière ce meuble et accueillait tous ses invités d’un large sourire et d’un mot gentil à chacun. Son vieil ami se tenait à ses côtés l’air de rien, offrant lui-même un beau sourire à tous ces amis qu’il connaissait pour la plupart.

C’est alors qu’elle crut sentir sa jupe se relever dans son dos. Elle prit brusquement conscience que là devant tout le monde mais à l’insu de chacun, il s’apprêtait à commettre quelque inopportune coquinerie.

Elle fronça les sourcils et allait protester quand un invité lui tendit la main, main qu’elle ne put que saisir avec empressement.
La température interne de son corps se modifiait quelque peu. Ses joues s’empourprèrent, une toute petite goutte de sueur se décida à doucement perler sur sa tempe.

C’est alors qu’une main se glissa entre son collant et sa peau épousant la forme sublime de sa fesse droite. Ses mots d’accueil commencèrent à s’embrouiller et à ressembler à une indéfinissable marmelade à l’étonnement des nouveaux arrivants.

Une très vieille amie se présenta, le pas un peu hésitant, l’œil agile.
"Ah ! Elisabeth !" dit la jeune femme,
"Quel plaisir heu… de voir que vous avez plu heu… pu venir jusqu’à nous …et par cette chaleur !"
La vielle dame répondit :
"Par cette chaleur ? Mais il fait plutôt froid, moins de 10 degrés dehors et le vent balaye rudement nos rues ce soir. Mais en effet je vous vois les joues bien colorées…"
L’homme à ses côtés venait de faire passer sa main d’une fesse à l’autre.
"Ah ! Heu… oui, n’est-ce pas ? L’excitation sans doute… heu… d’accueillir tant d’amis bien sûr…"
"Et celle d’être en bien galante compagnie je pense", dit la vieille dame en décrochant son plus espiègle sourire à l’homme face à elle, sourire que l’homme lui rendit avec une fine nuance de malice qui peut-être n’échappa pas à l’invitée ?…
Voilà une soirée qui débute vraiment bien, se dit l’homme…


mercredi 10 février 2010

Tromper


Notre amie Vellini dans un joli texte intitulé "question existentielle " sur son blog se pose des questions intéressantes sur le côté relatif de la notion de tromperie dans un couple.

Voici quelques attitudes, un peu coquines certes, pour venir éclairer cette réflexion, …ou peut-être pour venir l’obscurcir ? -sourire


Tromper ? Pas tromper ?

On fantasme sur un homme. Pas tromper ?...
On passe du temps avec lui, on goûte mentalement à son charme. Pas tromper ?...
On lui caresse le dos, on laisse un peu la main sur son épaule...
On lui masse les épaules ("le pauvre a mal au dos et a l’air si crispé"), on met la main sur son bras...
On met ses mains dans les siennes en lui disant qu’on est frigorifiée et qu’il a les mains si chaudes...
Il met la main sur votre épaule dénudée et on la lui laisse. Pas tromper ?...

Il vous prend par la taille furtivement pour vous aider à passer le pas d’une porte...
Il baise le dos de votre main, rapidement, on a un petit frisson dans le dos....
Il dépose un bisou sur le bout de chacun de vos doigts...
Il vous saisit tendrement par les épaules de ses bras forts et chauds...
Il vous prend dans ses bras pour vous réconforter...
Vous posez la tête sur son épaule, sur son buste...
Vous le laissez vous embrasser dans le cou...
Vous lui donnez un léger baiser sur le bout de ses lèvres et vous vous en allez. Pas tromper ?...

Vous l’embrassez sur la bouche, tout doucement...
Vous l’embrassez sur la bouche ; le baiser dure, vous pressez votre corps contre le sien. Sensation exquise garantie. Pas tromper ?...
Vous l’embrassez sur la bouche, ses mains parcourent et caressent votre croupe...
Vous l’embrassez sur la bouche, passionnément, ses mains parcourent et caressent votre croupe...
Vous l’embrassez sur la bouche, ses mains s’égarent sur votre corps. Tromper ? Pas tromper ?...
Vous l’embrassez sur la bouche, ses mains s’égarent sur votre corps et viennent entre vos cuisses, les vôtres batifolent un peu où bon leur semble...
Vous êtes tous deux nus dans un sauna, vous êtes allongée sur une serviette sur le ventre ; il vient et vous caresse les épaules, le dos, les jambes, puis les fesses voluptueusement, et il repart. Tromper ? Pas tromper ?...

Vous êtes tous deux nus dans un sauna, vous êtes allongée sur une serviette sur le dos ; il vient et vous caresse les épaules, le ventre, les jambes, puis les seins voluptueusement, et enfin passe doucement sa main sur votre entrejambe et il repart. Tromper ?...

Vous êtes tous deux nus dans un sauna, vous êtes allongée sur une serviette sur le dos ; il vient et vous caresse les épaules, le ventre, les jambes, puis les seins voluptueusement, et enfin passe sa main sur votre entrejambe et vous passez délicatement, une fois, vos doigts le long de son sexe dressé. Tromper ?...

Vous êtes nue dans votre chambre, vous êtes allongée sur le dos sur votre lit ; il vient et vous caresse. Vous le caressez à votre tour et lui faite une fellation tout en douceur, face à ce sexe si tendu, puis à votre demande il vous laisse, et vous restez, rêveuse, dans votre chambre. Tromper ?...

Vous êtes seins nus en monokini au bord de la piscine. Il vient faire des longueurs devant vous en vous regardant, sourire aux lèvres, chaque fois qu’il peut. Vous lui demandez de s’approcher. Votre main caresse sa joue perlée de gouttes. Vos lèvres rejoignent les siennes dans un baiser langoureux. Vous prenez doucement sa main et le conduisez dans votre chambre qui donne sur la piscine. Vous faites délicieusement l’amour. Tromper?...


…Tromper...
Bon, tromper, je n'ai jamais aimé ce mot.
(Mis à part pour les éléphants)
Et en premier lieu, je n'ai jamais pensé qu'une personne pouvait "appartenir" à une autre...

Et pour tromper, il faut cacher, dissimuler, mentir.
Que d’actes de peu d’élégance.
Mais parfois nécessaires.

Il serait donc interdit de jouir de son corps comme bon nous semble.
On se serait promis à quelqu’un et de ce fait, l’exclusivité serait une chose acquise, allant de soi, impérative même, raisonnable, socialement souhaitée, demandée, exigée.
On sent bien le glissement des concepts qui s’opère.

Et avec cela, un ensemble de non dits qui s’enracinent dès le début de la relation, pour s’enfoncer dans la terre, de plus en plus inaccessibles, de plus en plus difficiles à évoquer, à déterrer.
Avec la fameuse phrase « Comment ? Je ne lui suffis plus ? » de l’être trompé, outré, blessé, s’apercevant du mensonge.

Comme si une personne devait, naturellement et sans même en parler, arriver à pourvoir TOUS les besoins et fantasmes de son compagnon…
N’y a t’il pas quelque chose d’absurde, de contre nature dans toutes ces croyances,
quelque chose qui ne tienne pas vraiment debout ?

Tout ceci ne conduit-il pas à réduire l’homme dans le rôle que l’on veut lui voir jouer ?
Un rôle étriqué, qui n’est pas fait pour épanouir sa personnalité, un rôle où l’on est plus au service de la société, et pas nécessairement dans ses objectifs les plus nobles, pas nécessairement dans son acceptation la plus généreuse.

Doit-on accepter ce joug sans rien faire ?
Alors qu’Albert Camus, le rebelle, nous dit : «Le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu'on fait contre le destin qui nous est imposé. »


Le monde ne gagnerait-il pas à être plus généreux, plus ouvert ?
Le monde ne gagnerait-il pas à être surtout plus humain ?

Ne gagnerait-il pas à faire plus confiance à l’homme, à accepter ses instincts, même ses instincts primitifs.
C’est cette liberté, cette capacité à ressentir, à offrir, à jouir, à aimer que je voudrais voir redonnée à l’homme.



Et cette humanité à mon sens demande, entre autres choses, à s’éloigner doucement du retour à ce puritanisme de tous bords, rampant, réducteur, ferment d’abus encore plus graves, dangereux, auquel nous sommes en train d’assister.

Donc tromper ? Pas tromper ?
Est-ce bien poser le problème en bons termes ?…

Qu’en pensez-vous ?